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Comment faire redécouvrir au public de la troupe du Clédar ce magnifique théâtre (dit « cocon ») créé lors des manifestations de 2005 ? Car ce public a l’habitude qu’à chacune de ses créations une nouvelle scénographie l’émerveille. C’est le défi qui m’a été lancé lors de ma rencontre avec Michel Toman. Heureusement que la matière textuelle de Bernhard Chartreux me donnait la possibilité d’oublier l’espace shakespearien et m’obligeait à proposer une autre dramaturgie de l’espace. La variété des formes narratives du texte nécessitait une diversité d’expression ; l’architecture du « cocon » nous donnait une bonne « matière première » pour la faire éclore.
Michel désirait que l’on ait la possibilité d’illustrer le voyage, le mouvement et qu’en même temps les stations du récit puissent avoir lieu dans une diversité de forme. Nous avons donc pensé que deux espaces contigus pouvaient exister en modifiant quelque peu le théâtre. L’espace central et tri-frontal nous offre un rapport acteur-spectateur idéal pour l’intimité du récit. C’est donc devenu l’espace des sédentaires, celui de la station, où l’on raconte, celui du griot, mais aussi l’espace du rituel au centre de la communauté, proche d’un « théâtre primitif ». Point fixe d’où la parole naît et où les regards convergent. A l’opposé, il nous fallait un espace du nomadisme. Nous avons proposé d’ouvrir trois fenêtres, le long de cet espace central. Comme trois instants (avant, pendant, après), elles créent le mouvement et un effet panoramique, citant ainsi la forme cinématographique. Théâtre d’image également, cet espace peut accueillir l’illustration et devenir un contrepoint intéressant à la « piste » centrale. Entre mouvement et arrêt, le comédien peut ainsi jouer. Nous avons un cadre pour accueillir toutes les formes proposées par le texte et toutes celles nées au fil des répétitions. Le voyage peut commencer…
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