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Nous sommes au fond de la Vallée, entre le Sentier et l'Orient. L'endroit est fonctionnel, industriel. Une vaste place goudronnée. A droite la déchetterie. Un peu plus loin la station d'épuration. Un silo à sel, pour l'entretien des routes en hiver. Derrière, le village industriel. A gauche le garage communal. Devant nous le bâtiment des services forestiers. C'est la description objective, ce qui est visible… en temps normal. Mais la magie du théâtre a opéré, les clowns ont passé par là… Ce n'est plus fonctionnel, ni industriel, c'est hostile. L'approche est inquiétante. Mais quels sont ces bruits et ces lueurs? Hauts-fourneaux? Chaudrons d'alchimistes? Contamination chimique? Nucléaire? Surveillance policière, chiens, contrôles, contraintes. Mais comment s'en sortir? Et puis, soudain, le rire, l'enfance, un autre monde…
Mais avant, bien avant le théâtre d'été, bien avant la construction des différents bâtiments, qu'est-ce qu'il y avait à la place de la ZI de la Poissine? Il y avait tout d'abord l'Orbe qui s'étalait avec de nombreux méandres et qui débordait régulièrement, inondant ainsi toute la zone. Il y avait aussi le ruclon du Sentier; à cette époque les déchets, moins polluants, se compostaient tranquillement et s'enfonçaient dans le terrain tourbeux. Dès 1962 la Commune du Chenit a engagé de grands travaux avec la canalisation de l'Orbe du pont des Moulins au pont des Crêtets et la construction de la station d'épuration des eaux sur le terrain de la Poissine, libéré des caprices de l'Orbe. Par la suite, selon les besoins, la Zone Industrielle a vu la construction de bâtiments tels que le garage communal, le hangar forestier, la déchetterie, le village industriel, la centrale de chauffe. Le hangar forestier, transformé en théâtre le temps d'un été, a été construit en 1974. C'est le fruit de deux événements violents qui ont eu lieu quelques années avant. Ecoutez plutôt: La Commune du Chenit possédait un hangar à bois à Tribillet au Brassus. Lors du cyclone du 26 août 1971 il a été complètement détruit. Un deuxième hangar forestier situé à la Golisse permettait aux bûcherons de travailler à l'abri durant la mauvaise saison. Coup de théâtre, le 6 septembre 1973 ce bâtiment brûle entièrement. Le service forestier de la commune du Chenit était à la rue! La Municipalité d'alors, pressée par les événements, a fait établir un projet pour la construction d'un hangar forestier sur le terrain de la Poissine. Ce projet a trouvé grâce devant le Conseil Communal en mai 1974, après une première présentation refusée; la construction a pu se faire durant la même année. Financièrement la Commune s'en est plutôt bien tirée. L'ECA a versé une indemnité de Fr. 140'000.- pour les deux bâtiments détruits. Le solde de la dépense, Fr. 160'000.- a été prélevé sur une partie du bénéfice des forêts des années 74, 75 et 76. (A cette époque les forêts rapportaient encore à leur propriétaire). Au Conseil Communal, lors de la votation du projet de hangar forestier, une conseillère avait posé la question: "Mais qu'est-ce qu'il y aura dans ce hangar?" Réponse du Municipal: "du vide, Madame." Et c'est ce vide qui nous permet aujourd'hui de vous présenter le théâtre d'été 2003. Le garage communal, à 100 mètres du hangar forestier, accueillera également les spectateurs, avec son centre de remise en forme et son restaurant gastronomique. La centrale de chauffe, à bise du hangar forestier, sera aussi traversée par les spectateurs. La machinerie, les tuyaux, le bruit, le mystère vont certainement impressionner les spectateurs; à découvrir. Tous les membres et les acteurs de la Compagnie du Clédar expriment ici leur gratitude à la Municipalité de la Commune du Chenit, au service forestier, au service des routes et à Sogebois SA qui ont accepté de louer ou prêter leurs locaux pour le théâtre d'été 2003.
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