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Je rêvais, comme assommé par le dictionnaire à la page des "irr..." J'étais irradié, je venais de rencontrer des irrationnels, ils projetaient l'irréalisable… La Compagnie du Clédar, d'irréductibles passionnés montaient Le Cimetière des Voitures de Fernando Arrabal. Dans l'irraisonnable, une patinoire ! Ils me proposaient la construction de l'infrastructure, la création et la réalisation des décors. Des arguments irréfutables, ils étaient irrésistibles, il eut été irrévérencieux de refuser. J'acceptais, c'était irréel, déjà la page se refermait…
Mon rêve basculait, la patinoire rétrécissait, devenait maquette. Ma taille ne valait plus que quelques millimètres. J'allais de gauche, de droite, dans cet univers étonnant. Je redevenais gosse. Une patinoire pour moi tout seul ! D'autres bizarreries arpentaient ces lieux. Gérard, Yves et tous les autres du Clédar. Un seul but, concrétiser et vivre l'espace d'un moment "le monde d'Arrabal"... Montage, démontage et remontage. Jeux d'adultes aux dimensions de "Legos"... L'automne, un long hiver, le dégel et avec le printemps, le réveil. La patinoire est là, dans cette vallée au milieu du monde. Structure immense, scène gigantesque, arrabalesque. Les acteurs, les musiciens et les bizarres sont là eux-aussi, "pour de vrai", dans une débauche d'énergie incroyable. Les décors sont réalisés, passion d'adulte, rêve d'enfant. Et vous ! Fous joyeux du Clédar, je vous remercie…
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