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Accueil Barouf à Chioggia (1987) Commedia dell' arte
     
   
     
   
 
Commedia dell' arte Imprimer
Écrit par Gérard Demierre   
Dimanche, 01 Mars 1987 01:00

Le succès des premières compagnies "Commedia dell'arte" du XVème siècle, les attira dans les pays étrangers, devant des audiences nouvelles, les amena à se frotter à d'autres cultures pour devenir de plus en plus brillantes !

C'est évidemment ce que je souhaite à la Compagnie du Clédar, mais contrairement aux comédiens dell'arte qui sont des comédiens de métier, (c'est le sens du mot "arte"), il était difficile d'aborder ce traveil avec des "dilettanti" qui ont perdu tout contact avec les figures originales et ne font que reproduire mécaniquement ses formes artistiques vides de leur sens.

 

Toutefois, ne visant ni l'esthétique, ni une suite de jongleries ou de mimes acrobatiques, j'ai plutôt essayé d'apporter un travail sur la tradition et l'esprit "dell'arte" pour finalement donner aux personnages une dimension plus contemporaine. D'ailleurs, la survie de la Commedia dell'arte est à ce prix : elle reste capable d'échapper au musée, chaque fois que dans les personnages "typés" se glissent des comédiens prêts à entamer un vrai dialogue avec leur public. A ce propos je dois féliciter les comédiens du Clédar pour leur disponiblilté ; il sont très vite compris que le jeu "all improvise" fait renaître l'enthousiasme en premier lieu, parce qu'il replace l'acteur au centre de la création, ensuite parce qu'il s'accompagne aujourd'hui d'une véritable polémique sur l'expressivité du corps et des vertus de l'improvisation ; c'est peut-être un retour aux sources des formes populaires authentiques : la recherche d'un contact direct entre l'acteur et son public.

Pour ce faire une idée juste de l'improvisation, il faut reprendre la comparaison que fait "Pandolfi" avec le jazz. Le numéro individuel, le solo est inévitable, il constitue un exploit apprécié et attendu du public. Sa prestation collective réglée par le canevas, qui donne les lignes directives de l'intrigue, dépend étroitement de la valeur individuelle de chacun des exécutants et de la force avec laquelle ils sont prêts à intervenir quand c'est leur tour, prêts aussi à se retirer pour laisser la place à d'autres. 

 
 
     
     
 
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